VIH : Roselyne Bachelot dévoile son nouveau plan
La ministre de la Santé a fait savoir qu'un nouveau plan de lutte quadriennal contre le VIH allait bientôt voir le jour. Elle compte plus que jamais sur la coopération entre les COREVIH (1) et les ARS pour garantir son succès.
Hier, à l'occasion du colloque de synthèse « COREVIH en actions » (2), Roselyne Bachelot a dévoilé les grandes lignes du nouveau plan national de lutte contre le VIH et les infections sexuellement transmissibles. Un dispositif, nourri par les contributions de différents experts, qui devrait être rendu public « dans les prochaines semaines » et qui couvrira la période 2010-2014. D'après la ministre de la Santé, il comprendra les leviers (classiques) de l'action sanitaire, à savoir la prévention, le dépistage, la prise en charge thérapeutique, l'accompagnement médico-social, la lutte contre la discrimination, l'observation et la recherche. Chacun de ces items sera décliné selon une approche populationnelle qui tient compte des spécificités de l'épidémie. Principales cibles : les homosexuels masculins, les personnes migrantes et les détenus. Par ailleurs, un programme spécifique devrait également être mis place en Guyane, la région française la plus touchée par le sida. Pour garantir le succès de ce plan quadriennal, Roselyne Bachelot compte sur une complémentarité effective entre les coordinations régionales de lutte contre le VIH (COREVIH) et les Agences régionales de santé (ARS).
COREVIH et ARS sur le même terrain
« Les COREVIH doivent prendre toute leur place dans la nouvelle organisation des soins initiée par la loi HPST, a précisé la ministre de la Santé. Ces organes pluridisciplinaires ont vocation à être les interlocuteurs privilégiés des ARS. C'est d'ailleurs tout l'enjeu de l'élaboration des projets régionaux de santé. » Outre la coordination des acteurs impliqués dans la prévention et le dépistage du sida, les COREVIH devront également favoriser le suivi des programmes régionaux d'accompagnement et d'éducation thérapeutique, mais aussi participer à l'amélioration de la qualité de la prise en charge et du suivi des patients atteints par cette pathologie. En parallèle, ils devront surtout développer les collaborations entre l'hôpital, la médecine de ville et les établissements médico-sociaux. « Cette nécessaire transversalité permettra ainsi d'optimiser le fonctionnement du système d'un point de vue administratif et profitera essentiellement aux personnes dans le besoin », a souligné Roselyne Bachelot. Pour mener à bien leurs nouvelles missions, les COREVIH percevront une allocation supplémentaire d'un montant de 600 000 euros dès cette année et d'1,2 million d'euros l'an prochain.
Des signaux encourageants, mais...
A la lecture des dernières données épidémiologiques, les signaux sont relativement encourageants : les nouvelles contaminations annuelles ont diminué de 22 % entre 2003 et 2008. « Après la mise en œuvre quatre plans nationaux de lutte contre le VIH, des progrès indéniables ont été accomplis, a confirmé la ministre de la Santé. Nous pouvons être fiers de l'organisation des soins sur notre territoire. Une organisation qui garantit une certaine équité dans l'accès à la prise en charge et qui permet d'améliorer sensiblement la durée et la qualité de vie des patients. » Cependant, les récentes avancées thérapeutiques (multi-thérapies) qui ont fait du sida une maladie chronique ont entrainé un relâchement des pratiques de prévention. L'épidémie reste pourtant dynamique. Certains chiffres sont là pour nous le rappeler. En 2008, 7 000 personnes ont contracté le VIH en France et pas moins de 144 000 malades vivent avec le sida.
Jonathan Icart
(1) Coordination REgionale de lutte contre le Virus de l'Immunodéficience Humaine - COREVIH.
(2) Organisé par Décision & Stratégie Santé et la Société française de lutte contre le sida (SFLS), avec le soutien du laboratoire ViiV Healthcare.