L'inventeur de l'imagerie orthopédique 3D entre en Bourse
EOS Imaging, qui commercialise depuis 2008 sa technologie d'imagerie orthopédique 3D en Europe et aux Etats-Unis, fait son entrée à la Bourse Euronext pour financer ses nouvelles étapes de développement : extension à de nouvelles zones géographiques et développement d'une offre de prestation de services.
9% d'erreur moyenne sur le déport fémoral, 17% de surestimation de la taille des prothèses de la hanche en prévision d'une chirurgie, 12% d'erreur sur les mesures d'antéversion de la hanche, 20% de biais supérieur à 2 degrés sur l'alignement de la jambe pour la prothèse de genou... les techniques actuelles pour l'imagerie du squelette sont précises mais fondées sur des données erronées Elles ne permettent qu'une image locale en 2D (radiographie) ou une image en position allongée (scanner). Or 80% de l'orthopédie est liée à la station debout. Les techniques actuelles sont, qui plus est, très irradiantes. La dose moyenne d'irradiation d'origine médicale a augmenté de 500% au cours des 25 dernières années. Ce sont sur ces constats et statistiques que la société EOS Imaging fonde son innovation technologique. EOS est une innovation majeure dans l'imagerie orthopédique permettant pour la première fois d'obtenir une image 3D globale du patient en position debout. Le scan vertical et les détecteurs issus des inventions de Georges Charpak, Prix Nobel de physique en 1992 et fondateur d'EOS Imaging, permettent par ailleurs de faibles niveaux d'irradiation.
42 machines déjà installées... un potentiel de 12 000
Depuis l'obtention des marquages CE et agréments FDA pour l'équipement (respectivement en 2007 et 2008) et pour la 3D (en 2010 et 2011), 30 pays sont aujourd'hui accessibles à la commercialisation, essentiellement en Europe et en Amérique du Nord. Quelques 42 équipements sont déjà installés, dans des cabinets privés d'orthopédie, de radiologie, des hôpitaux... au prix moyen de 390 000 euros. EOS Imaging a ainsi enregistré un chiffre d'affaires de 6,9 millions d'euros en 2011. La trésorerie s'élève à 1,7 million d'euros fin 2011. « Outre des revenus classiques enregistrés sur les ventes d'équipement et sur la maintenance, nous développons une offre de prestations de services du modèle 3D, de planification chirurgicale et de pronostic pour chaque acte en milieu hospitalier, indique Marie Meynadier, directrice générale de la société. Nous l'estimons entre 40 000 et 160 000 dollars de revenus annuels par équipement, selon le volume de chirurgies du site équipé. » Avec un potentiel de 12 000 sites, EOS Imaging vise un marché potentiel de 6 milliards de dollars en équipements et un potentiel de revenus annuels récurrents de 2,4 milliards (renouvellement des machines, maintenance et prestations de services).
Une entrée en Bourse pour lever 30 millions d'euros
« Nos technologies validées et les étapes clés franchies, nous cherchons dorénavant à multiplier par quatre notre force commerciale à l'horizon 2015 pour accélérer notre présence à l'international sur les marchés existants et sur de nouvelles zones géographiques (Amérique du Sud et Asie), confie Marie Meynadier. Notre réseau commercial s'appuiera sur nos propres agents en Amérique du Nord, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, et sur des distributeurs externes pour le reste de l'Europe et les nouvelles zones géographiques, détaille la directrice générale. Notre introduction en Bourse nous permettra de financer ce développement international mais également l'augmentation du besoin en fonds de roulement lié au développement de la société et l'enrichissement de notre offre de services. » La société espère lever 30 millions d'euros à son introduction sur le marché Euronext à Paris.